Infos climat FLASH INFO du Portail du CILSS dans le domaine du Changement Climatique et de la Gestion Durable des Terres en Afrique de l'Ouest

Gestion de l'eau

Impact des changements climatiques sur les ressources en eau

Quelques stratégies d'adaptation


Introduction

Les fonctions clés de la gestion de l’eau  seront abordées dans cet article. Dans une géographie où les ressources en eau sont rares et leur usage crucial, nous verrons outre l'intérêt de suivre l’évolution des hauteurs et des débits des cours d’eau, les impacts des changements climatiques sur les eaux souterraines, de surface et enfin au niveau marin (interactions continent océan). Enfin, quelques exemples d'adaptation seront proposés tels que l'adaptation du calendrier cultural pour le riz irrigué, les prévisions hydrologiques et enfin l'utilisation intégrée des réserves du sous-sol).

 1. Impact des changements climatiques sur les ressources en eau.

1. A. Eaux souterraines

 
Les effets de la variabilité du climat se manifestent rapidement dans les eaux de surface, mais ils sont souvent difficiles à observer dans les eaux souterraines du fait qu’ils y sont de différés.
 
Par conséquent, il est difficile de détecter et de quantifier l’ampleur et le moment d’apparition des conséquences de la variabilité ou des changements climatiques sur les aquifères
 
Les eaux souterraines sont touchéessur le plan du processus d’alimentation (baisse de la recharge donc fluctuations du niveau des nappes libres), le type d’interactions entre les eaux souterraines et les eaux de surface et les changements dans l’utilisation de l’eau (l’irrigation par exemple).
 
Les aquifères peu profonds réagissent plus à ces facteurs de stress que les aquifères plus profonds, qui tendent à être davantage isolés des conditions régnant à la surface.

1. B. Eaux de surface: les crues

 En Afrique de l’ouest et du centre il a été enregistré ces dernières années de fortes pluies ayant occasionné des inondations. Quelques chiffres :

En 2010, les inondations ont touché:

  • 180 000 ha au Nigéria
  • 133 000 ha au Bénin
  • 108 000 ha au Tchad
  • 23 000 ha au Burkina

 Il faut s’adapter à l’excès d’eau en adoptant des techniques d’irrigation qui contrôlent mieux la lame d’eau et en adaptant les calendriers culturaux.

Figure 1: Hydrogrammes comparés annuel du fleuve Niger à Niamey

Le volume total écoulé à la station hydrométrique de Niamey du 1er juin au 31 octobre 2010 a été élevé (15,83 milliards de m3) et jamais enregistré selon l’ABN.

L’augmentation des écoulements dans les bassins des affluents de la rive droite suite aux pluies exceptionnelles ainsi que la rupture de certaines retenues ont favorisé celle de la crue locale à Niamey.

Figure 2: Débits journaliers du Niger à Niamey.

La superposition des hydrogrammes de six  années  montre que la crue locale évolue en dent de scie. Le pic (1920m3/s) pour l’année hydrologique 2003-2004 est légèrement supérieur à celui de la crue malienne (1910m3/s). Ce qui veut dire que c’est le phénomène inverse qui se produit ces dernières années

L’augmentation du ruissellement dans les sous bassins s’explique par la dégradation du couvert végétal et du sol (tendance à la hausse des coefficients de ruissellement) (Amani et Nguetora, 2002, Descroix et al, 2012);

Dans certaines zones, l’inondation est provoquée par le remontée de la nappe.

1. C. Zones côtiéres

La montée du niveau des océan, avérée par les mesures in situ entraine une submersion et de l'érosion côtière. Ainsi, on a une augmentation des surfaces inondable et de la salinité dans les estuaires et les nappes phréatiques côtières.

Selon les spécialistes 2 cm de hausse par an suffirait à dévaster de vastes bandes de terre dans les zones côtières fragiles d’Afrique de l’ouest.


2. Quelques stratégies d'adaptation

Face aux impacts possibles des changements climatiques à venir, il existe différentes techniques d'adaptation dont certaines sont évoquées ici à titre indicatif.

2.A Adaptation du calendrier cultural du riz irrigué à l’apparition des crues et étiages : Périmètre irrigué de Saga/Niamey/Niger 

La diminution des débits (donc de la hauteur d’eau) dans le fleuve pendant l’étiage en raison du changement de régime a de répercutions sur la durée de pompage 

  

Baisse de la HMT (Hauteur Manométrique Totale) donc baisse des débits.

Des simulations de décalage des calendriers culturaux sont donc nécessaires.

2.B Prévisions hydrologiques

Mettre en place une chaîne d’outils de prévision multi-échelle dans le bassin.

Elle concerne aussi bien :

-la prévision des crues et des étiages (journalier, décadaire, mensuel)

-la simulation  et le calage des débits (notamment au CRA par le modèle GeoSFM) aux exutoires des sous bassins (Stade d’expérimentation)


Figure 3: Cartographie des risques d’inondation dans la ville de Niamey/NIGER

2.C utilisation intégrée des potentialités des réserves du sous sol

Les eaux souterraines de faible profondeur et le suivi de la dynamique des plans d’eau  permettent une cartographie des potentialités hydrauliques des bas-fonds et des cuirasses noyées.

Par exemple, les forages manuels ou motorisés à moindre coût et à faible profondeur  tels que l'expérience de l'« enterprise work » au Burkina, Mali et Niger avec des débits pouvant aller jusqu’à 20 m3 par heure ont été obtenus dans différentes localités du Burkina Faso.

Ces systèmes ont permis une extension des cultures maraîchères. On peut aussi développer des systèmes d’information sur la dynamique des plans d’eau pour les cultures de décrue: sorgho de contre saison au Tchad, en Mauritanie…

2.D. Valorisation des sols de mangrove pour la production agricole :

Expérience de la Guinée Bissau et de la Guinée Conakry.

La mangrove correspond à un lieu de rencontre de deux types d’eau : l’eau salée et l’eau douce dont un arbre est caractéristique de ce milieu : c’est le palétuvier.

Les zones de mangrove se rencontrent donc dans les grandes plaines maritimes et plus particulièrement autour de l’embouchure d’un fleuve sur des terres placées à une distance plus ou moins lointaine du bord de mer sur lesquelles coexistent alternativement les deux types d’eau durant l’année. Ce sont des écosystèmes parmi les plus productifs au monde.

 La limite des deux eaux, salée et douce est appelée front.


Technique Avantages

On utilise alternativement les entrées d’eau douce et salée dans les parcelles, grâce à des digues de contour

- Les mauvaises herbes sont tuées par l’eau salée lors des entrées d’eau en saison sèche, l’eau de mer apporte de plus des limons
- Puis on procède à un lessivage du sol par plusieurs inondations et drainage des eaux de pluies jusqu’à ce qu’il soit apte à la riziculture
- L’eau possède ainsi les fonctions suivantes :
- Régulation de l’acidité (pH) en saison sèche
- Régulation de la salinité, en saison de culture

- Zéro intrant

 

- Augmentation du rendement si l’opération est maintenu sur 5 à 6 ans (Le rendement moyen du système de mangrove fermée par les diguettes est de 1.570 kg/ha, d’où une capacité nutritionnelle de 10 adultes par an, il peut monter à 3,5 t/ha). Il faut toutefois utiliser des semences un minimum tolérantes au sel.

Conclusions:

La gestion intégrée des ressources en eau demeure incontournable dan un contexte de raréfaction et d'intensification de l'utilisation de la ressource. des pratiques existent sur le terrain qui permettent une bonne gestion. Elles doivent être diffusées par des vastes campagnes de sensibilisation, et appuyées par des politiques tant au niveau local, national que sous régional et continental.

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