Infos climat FLASH INFO du Portail du CILSS dans le domaine du Changement Climatique et de la Gestion Durable des Terres en Afrique de l'Ouest

Sciences du Climat

-Aperçu de la climatologie ouest africaine.

Par climat on entend, étymologiquement, l’inclinaison des rayons solaires (arrivant sur la surface terrestre). De manière simplifiée, on a bien ici l’idée que le soleil est la source externe au système terrestre engendrant des variations de flux de chaleur, notamment au niveau atmosphérique. Les valeurs statistiques des paramètres atmosphériques tels que la température ou encore les précipitations permettent de définir des zones climatiques. En se basant sur les précipitations et les températures, l’Afrique de l’Ouest peu être divisée en deux grandes catégories suivantes: sec et tropical des plaines du Sahara en passant par la Sahel (« le rivage » du Sahara), et en descendant vers les pays côtiers. Les sous divisions « désertique et semi aride » composent la première catégorie, alors que les types « équatoriales, mousson et savane » font partis de la seconde (classification de Koopen).

En Afrique de l’Ouest, pour les pays de l’espace CILSS/CEDEAO, on peut ainsi opposer les régions côtières, bénéficiant d’un climat chaud et humide avec les régions sahéliennes plus sèches et plus chaudes en moyenne (Figures 1 et 3).

Figure 1 : Les diagrammes montrant les climatologies moyennes de Tombouctou (Mali, trait plein) et de Banjul (Gambie, trait pointillé) (source base de données climatologique du CRA).

 -Mousson Ouest Africaine et saisons des pluies

 

Photographie 1: Vent de sable ("Haboob") précédent une averse orageuse, typique de la saison des pluies au Sahel. Photographie de L.Labbé, ACMAD, Niamey, Juin 2012)

En résumant, on peut dire que le régime des précipitations est dû au déplacement saisonnier de la zone de convergence intertropicale (ZCIT) qui effectue un battement saisonnier entre le Golfe de Guinée et le Sahel.

             

 Figure 2: Extraite de l’Atlas CSAO/CILSS/FAO/CEDEAO et présentant la battement saisonnier moyen de la ZCIT.

 Ainsi, on peut simplifier en disant qu’il existe des pays à diagrammes de précipitation unimodaux (ex Niger, une saison des pluies par an, centrée sur le mois d’Aout) et des pays qui reçoivent deux saisons des pluies (diagramme de type bimodale) avec une saison des pluies centrée sur les mois de Juin puis une petite saison des pluies autour du mois d’Octobre (cf. Figure 2).

Figure 3 : Comparaison des précipitations moyennes mensuelles à Niamey (Niger) vs. Cotonou (Bénin) (source CRA et WMO)

-Régimes hydrologiques.

Bien que l’Afrique de l’Ouest abrite 11 bassins fluviaux (cf. Figure 4), on s’intéresse dans cette partie au Niger, fleuve majeur dont le lit coule sur 4 pays et sur plus de 4200 kms de sa source à son débouché dans l’Atlantique au Nigeria, bien qu’alimenté par des eaux provenant de 8 pays.

Figure 4 : Les principaux bassins fluviaux d’Afrique de l’Ouest (source CRA, 2012).

Le régime des précipitations sur les pays de la partie inférieure du bassin influe de manière primordiale sur la grande crue du Niger, bien que les précipitations locales jouent également un rôle (Figure 4).

On note que les précipitations locales font apparaitre une double crue : vers Août une crue locale apparait à Niamey, quand la majorité de l’eau fluviale est centrée sur le début de l’année civile suivante, quand les eaux issues de la mousson dans les pays des bassins inférieur et moyen arrivent à Niamey. Des compléments d'informations peuvent être trouvés dans les pages Gestion de l'eau et Adaptation de l'agriculture irriguée

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Figure 5 : Evolution des débits moyens sur trois périodes de temps, à Niamey (Niger, source CRA)

  -Dans un contexte de Changement Climatique :

La composition chimique de l’atmosphère est très importante car par des processus complexes de réflexion/réfraction notamment, les différentes chaleurs (latente et sensible notamment) se retrouvent piégées dans les basses couches de l’atmosphère, créant ainsi un « surplus thermique » que l’on nomme effet de Serre. Sans cet effet, la température moyenne de la Terre qui est de 15°C serait de -18°C.

La vapeur d’eau est le principal composant de l’atmosphère et ainsi le principal gaz contribuant à l’effet de Serre. Néanmoins, depuis l’ère industrielle et notamment le début de l’extraction et de la consommation des énergies fossiles et les phénomènes de combustion reliés, on note une augmentation de la concentration des gaz à effet de Serre tels que le dioxyde de Carbone (CO2) ou encore le méthane (CH4). Ainsi, cette augmentation a un corolaire, l’augmentation globale de la température que l’on nomme aussi réchauffement global. Celui-ci est avéré, pour preuve récente le mois d’Avril 2012, le plus chaud jamais enregistré à l’échelle globale (+0,89°C par rapport à la moyenne des mois d’Avril du siècle passé (source NDCC de la NOAA).

Au Sahel, on note également une augmentation plus importante des températures minimales par rapport aux maximales mais on note surtout une augmentation des températures supérieures à l’augmentation au niveau mondiale (GIEC, 2002).

En terme de précipitations, le graphique ci-dessous indique clairement l’alternance récente de trois périodes pluviométriques contrastées : une période humide pré 1970, puis une période plus sèche jusqu’au début des années 2000 et enfin un retour à des conditions plus humides en moyenne mais néanmoins contrastées durant la première décennie du 21 éme siècle.

 Figure 6 : Données climatiques montrant des Changements climatiques (A.Ali, bulletin spécial CC CILSS 2010)

Le débit du fleuve a subit également des variations temporelles, notamment du aux phénomènes complexes de variabilité climatique précédemment énumérés, qui peuvent être associés à une pression anthropique (augmentation démographique ayant entrainé selon les zones des phénomènes d’ensablement vs. surcreusement, construction de barrages hydroélectriques ou d’ouvrages hydro-agricoles) et de changement d’utilisation des ressources naturelles (eau, sol, végétation). Cela entraine la nécessité d’adaptation aux effets des changements climatiques.


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